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Les banques peuvent-elles régler toutes les questions relatives au financement et à la consolidation de nos entreprises ?

Cet article a été écrit en 2000 et remanier pour tenir compte de la situation. La préoccupation est la même, les remarques aussi.
On dit souvent, à la Martinique, que les banques sont peu portées à prêter aux entreprises et que les crédits son trop chers.
Certains y voient une cause de la faiblesse des fonds propres de nos entreprises.
Ces affirmations doivent être nuancées.
Les établissements financiers sont des entreprises, et, à ce titre, soumises à des contraintes multiples.
Elles doivent équilibrer leurs comptes.
Pendant plusieurs années, dans un temps pas très lointain, les banques martiniquaises ont été globalement déficitaires.
En prenant plus de risques, elles auraient aggravé leur situation, les entreprises étant les emprunteurs qui présentent statistiquement le plus de risques.
Certaines banques remplissent les conditions réglementaires de fonds propres en s’adossant à des banques extérieures et se mettraient en difficulté si elles n’appliquaient pas une politique rigoureuse de concours.
D’un autre côté, les banques sont soumises aux pressions de la concurrence, et, sans un dynamisme suffisant, elles s’exposeraient à être évincées du marché.
Entre ces contraintes contradictoires, les banques, responsables dépositaires des fonds de leurs clients doivent évaluer avec prudence les risques qu’elles encourent.
La question des taux d’intérêts et la comparaison avec les taux métropolitains doivent être également examinées en tenant compte des conditions locales.
Les banques martiniquaises opèrent sur un marché très étroit, caractérisé par une clientèle numériquement faible, bénéficiant de revenus en moyenne inférieurs à ceux des clients métropolitains.
Cette situation limite la masse des opérations et accentue l’impact des coûts fixes.
On peut illustrer le propos en remarquant que le coût de mobilisation d’une opération financière, quel que soit le montant mobilisé, est à peu près le même, mais la rémunération de l’opération, calculée en pourcentage, est dans un rapport très défavorable à la banque locale.
Compte tenu de ces observations, on voit bien que les ratios d’efficacité sont détériorés par l’environnement socio-économique.
Ainsi, les ratios d’encours unitaires de prêts ou de crédits par salarié sont souvent inférieurs à ceux des établissements métropolitains, non pas parce que nos salariés sont moins performants, mais du fait que les opérations individuelles sont, en moyenne, de montants inférieurs.
Malgré tout, l’écart des taux de crédit avec la France métropolitaine s’est réduit.
Cette diminution des taux à des limites : prenons le cas de telle banque mutualiste qui annonce, pour 2010, un excédent de 21 millions d’euros face à un encours de crédit d’un peu plus d’un milliards d’euros.
En diminuant tous ses taux de un point, le résultat serait réduit de 10 millions d’euros.
A moins deux points, elle ne serait pas loin du rouge !
On ne peut cependant en rester à ces constats.
La solution passe par une meilleure rentabilité des entreprises et une plus grande sobriété des propriétaires qui peuvent alors mettre en œuvre des plans d’augmentation programmée de leurs fonds propres.
Des incitations publiques peuvent les y aider si parallèlement elles s’organisent, maîtrisent leur gestion et la rendent transparente.
Quant aux accusations d’enrichissement des banques et d’aides libérales de l’Etat au cours de la période récente, il faut rappeler que nos banques ne sont pas toutes capitalistes et ne distribuent pas toutes de dividendes, les excédents de gestion étant réinjectés dans l’entreprise sous forme d’augmentation des fonds propres et que certaines ont gardé de façon éphémères les prêts de l’Etat qu’elles se sont empressées de rembourser avec intérêts substantiels.

2 Réponses à “Les banques peuvent-elles régler toutes les questions relatives au financement et à la consolidation de nos entreprises ?”


  • C’est bien mais on parle de mobilité des capitaux et ingénierie financière complexe, on entend parler le concept de couverture
    On peut se garantir un taux financier…
    Est-ce la faiblesse de notre économie à l’heure de la mondialisation et de la globalisation financière qui justifierait ces coûts ?
    le concept d’insularité économique à l’aulne de globalisation ne doit -il pas être revu ( nouvelle technologie)?

  • suite à quelques tatonnements laréponse est tardive.
    Les options proposées par le commentaire, ingéniérie financière, mobilisation de capitaux et couverture de taux ne sont pas opérationnelles dans notre débat. Les coûts évoqués dans l’article sont liés à la taille et aux niveaux de revenus individuels notamment. Il faut rappeler qu’une partie substantielle des capitaux prêtés par nos banques locales viennent des marchés extérieurs.

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